La taxe congestion divise: «Non-sens», «Bruxelles mérite un gouvernement qui gouverne, pas qui se déchire»

Bruxelles
Bruxelles - Sylvain Piraux

Le PS a posé de strictes conditions. Dans l’opposition, aussi bien le MR que le PTB ont condamné le dispositif envisagé. La ministre régionale en charge de la Mobilité, Elke Van den Brandt, n’a pas souhaité réagir tandis qu’au groupe écologiste du parlement bruxellois, l’on expliquait que les cabinets ministériels travaillaient sur le sujet.

Dès la mise en place du nouveau gouvernement bruxellois, cette idée a fait grand bruit. L’accord de majorité réaffirme le souhait « de conclure un accord de coopération entre Régions visant à mettre en œuvre une tarification kilométrique intelligente des véhicules légers sur la zone métropolitaine ou l’ensemble du territoire national ». Il prévoit également une réforme globale de la « fiscalité automobile visant à améliorer la qualité de vie en ville pour tous, dans le cadre d’une transition juste et solidaire ».

La concertation entre les Régions a peu de chances d’aboutir. Tant en Wallonie qu’en Flandre, les réticences sont grandes et la tarification kilométrique ne fait pas partie des accords de gouvernement. Le Soir a fait état jeudi des préparatifs d’un tarif congestion au sein du gouvernement bruxellois, une forme de péage urbain qui serait pratiqué à Bruxelles et qui oscillerait entre un minimum d’un euro et un maximum de trois euros par trajet selon la congestion.

Ecolo prudent

Du côté écologiste, la prudence est de mise. « Les cabinets travaillent. Il faut trouver des solutions efficaces, techniquement faisables et juridiquement praticables », a expliqué le chef de groupe Ecolo-Groen au parlement bruxellois, John Pitseys.

Le gouvernement veut passer d’une fiscalité basée sur la possession de la voiture à une fiscalité basée sur l’usage, expliquait-on chez les Verts, pour des raisons tant de mobilité que de santé publique. Les quartiers centraux de la ville, où se concentre la population la plus précarisée, sont fortement soumis à la pollution des moteurs. Des mesures sociales accompagneront cette transition.

En coulisses, l’on indiquait que Bruxelles Mobilité, Bruxelles Environnement et Bruxelles Fiscalité avaient commandé des études sur la question. Un projet pourrait être soumis dans le cadre des prochains travaux budgétaires.

Le PS réclame « un paquet global »

Les socialistes bruxellois insistent sur la nécessité d’un « paquet global », incluant la gratuité de la STIB pour les moins de 25 ans et plus de 65 ans, la suppression de la taxe de mise en circulation et la modulation de la taxe de circulation en fonction des performances environnementales et des revenus du propriétaire, explique le chef de groupe Ridouane Chahid. Pour ce qui est de la taxe congestion, le chef de groupe rappelle l’accord de gouvernement : une taxation kilométrique doit être négociée avec les autres Régions.

« Non-sens » pour le MR

« La taxe dite de congestion imaginée ou envisagée par le gouvernement bruxellois est un non-sens et impacterait durement les travailleurs wallons se déplaçant à Bruxelles et les entreprises », a fustigé le ministre wallon de l’Economie, Willy Borsus (MR), alors que son président de parti, Georges-Louis Bouchez, s’en prenait à un gouvernement bruxellois qui vit « dans les années 1990 ».

« Encore une mesure qui fait payer les travailleurs », a affirmé la cheffe de groupe PTB, Françoise De Smedt.

Les communistes jugent cette mesure peu efficace pour diminuer la congestion automobile et appellent à investir plutôt dans la STIB et la SNCB.

Le gouvernement bruxellois critiqué par le CDH

Le CDH a dénoncé la cacophonie au sein du gouvernement. « Bruxelles mérite un gouvernement qui gouverne, pas qui communique puis se déchire, une fois plus, sur une des mesures phares de son accord, sans rien décider », a lancé le député Christophe De Beukelaer.

 
 
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