Un club italien a renoncé à transférer André Onana en raison de sa couleur de peau: «Un gardien noir poserait trop de problèmes»

Photonews
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Le gardien de but de l’Ajax André Onana a vu son transfert dans un club italien échouer il y a trois ans en raison de la couleur de sa peau. « Après la finale perdue avec l’Ajax contre Manchester United en Europa League, j’ai parlé à un club italien d’un transfert », a-t-il raconté au journal néerlandais NRC Nieuwsblad. « Les discussions se sont bien déroulées, jusqu’à ce que le directeur du club appelle mon manager et dise qu’ils pensaient que j’étais un excellent gardien de but, mais qu’ils ne pouvaient pas me donner de contrat. Un gardien de but noir poserait trop de problèmes à ses supporters ».

« Bien sûr, une telle déclaration fait mal. Mais j’aurais trouvé cela pire si le club avait pensé que je n’étais pas assez bon. Alors, cela aurait été de ma faute. Maintenant, je me suis dit que je ne pouvais pas changer qui je suis. Pourquoi devrais-je m’inquiéter de cela ? Je suis foncé et africain et j’en suis fier », déclare le gardien de but camerounais. « Si les gens ne m’aiment pas parce que je suis foncé, pas de problème. Je m’en fiche ».

« Vous êtes déshumanisé »

Onana est l’un des dix-sept joueurs (de haut niveau) de football qui ont parlé au NRC Nieuwsblad de leur expérience du racisme. Tout comme Denzel Dumfries, le capitaine du PSV. Il a raconté l’histoire d’un petit garçon qui lui criait « singe, singe » avec son père.

Le Belge Cyriel Dessers, meilleur buteur de l’Eredivisie, a évoqué les chants racistes. « Vous êtes déshumanisé. Tu n’es pas l’un d’entre eux, tu es noir ».

De nombreuses personnes interrogées affirment que les mesures prises par le gouvernement et la fédération de football ne sont pas assez efficaces, car le racisme ne se limite pas à l’expression des supporters de football depuis les tribunes. Selon eux, il faut aussi changer quelque chose dans les vestiaires et les bureaux des directions. Un certain nombre d’entre eux plaide en faveur de la nomination de directeurs et de décideurs politiques plus foncés. Selon de nombreuses personnes interrogées, le silence sur les expériences de racisme est toujours la norme dans le football professionnel, malgré l’attention accrue portée à ce problème.

 
 
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