Maureen O’Sullivan (Coca-Cola) : « Être ouvert, ce n’est pas uniquement parler, c’est aussi et surtout écouter. »

Maureen O’Sullivan (Coca-Cola) : « Être ouvert, ce n’est pas uniquement parler, c’est aussi et surtout écouter. »

2020 aura été une année incroyablement complexe. Pandémie, contacts sociaux réduits et défis économiques colossaux. Toutefois, derrière chaque crise se cache une opportunité. Comment transformer cette réalité sociale en ouverture et en solidarité ? Comment convertir le désespoir en positivité ? Nous avons demandé à Maureen O’Sullivan, Senior Manager Public Affairs & Sustainability chez Coca-Cola, comment elle voulait rendre le monde meilleur. « J’espère qu’au terme de cette période, nous continuerons à miser sur la durabilité et le bien-être mental. »

Elle possède le même patronyme que l’actrice irlandaise qui incarnait Jane dans les films de Tarzan. Il lui est arrivé de déplacer des foules alors qu’une personne l’attendait à l’aéroport avec une pancarte portant son nom… Jusqu’à ce que les gens se rendent compte qu’il ne s’agissait pas de la star de cinéma. Et pourtant, s’ils s’étaient entretenus avec elle, ils auraient été assurément charmés par le côté rebelle, la conscience sociale et la franchise de notre Maureen O’Sullivan.

Que signifie le fait d’« être ouvert », pour vous ?

Pour moi, c’est avant toute chose être ouverte aux autres, aux nouvelles idées, à l’innovation. Être à l’écoute. Cela signifie également être soi-même ouverte et transparente, en disant clairement les choses. Cette ouverture est à mes yeux une condition indispensable pour progresser et œuvrer ensemble pour un but commun. J’aime unir les gens et induire une pollinisation croisée des idées. Je suis convaincue par le win-win : quand toutes les parties comprennent qu’il y a une valeur ajoutée pour elles, la motivation est d’autant plus grande. Je suis très heureuse de toujours avoir la chance, chez Coca-Cola, de pouvoir appliquer cela dans mon travail au quotidien. Je sais qu’une saine critique envers la stratégie de l’entreprise est possible, et que je peux prendre part aux changements de cap nécessaires pour se conformer à l’acceptabilité sociale changeante. J’ai un jour reçu un très beau compliment : « S’il devait y avoir une entreprise dont le but était d’asseoir différentes parties autour d’une table, tu en serais la CEO ».

Quelle est votre opinion quant au partage d’histoires personnelles avec d’autres personnes ?

Oser se mettre à nu, c’est essentiel pour montrer aux autres que vous leur faites confiance. En étant ouvert, les autres peuvent mieux vous appréhender, vous comprendre. Votre histoire personnelle peut également aider, inspirer. En 2012, quand j’ai appris que j’avais un cancer du sein, une entreprise de cosmétiques m’a demandé, par le biais de ma fille Charlotte, de participer à une campagne vidéo sur le thème « mère-fille ». J’hésitais, parce que j’étais encore en pleine phase d’acceptation. Et finalement, j’ai accepté. Je voulais avant toute chose faire passer un message d’espoir, pour encourager les femmes confrontées à cette maladie. Je me sentais prête. Mais alors que la caméra tournait depuis deux minutes, je me suis effondrée. Les larmes coulaient, et plus un mot ne sortait. Je me suis excusée auprès de l’équipe de tournage, car ce n’était pas ce que je voulais faire passer. A posteriori, c’est précisément ce moment de « faiblesse » qui a été porteur d’un message important. C’est ok de laisser s’exprimer vos sentiments, et c’est normal que lorsque le sol se dérobe sous vos pieds, vous soyez submergé par l’angoisse de la mort et le chagrin.

Pour vous, dans quelles petites choses le bonheur se cache-t-il ?

Voir les gens que j’aime heureux, voir le soleil se lever, avoir le sentiment que chaque jour apporte son lot de nouvelles opportunités. J’aime la mer, l’eau et la nature m’apaisent. J’aime aussi cuisiner de bons petits plats pour mon mari et nos enfants, et passer de bons moments à table. J’adore passer du temps avec notre premier petit-fils. Et j’ai été tellement heureuse de pouvoir rendre visite à ma maman, qui vient d’avoir 94 ans. Elle souffre de démence et ne perçoit plus tout ce qui se passe dans sa maison de repos. Elle est tellement optimiste et enjouée quand je vais la voir, ça recharge mes batteries. Nous chantons et dansons dans sa chambre, sur les notes de ses morceaux favoris. Ce sont de beaux moments !

Qu’est-ce qui vous a aidé à tenir bon au cours de ces derniers mois ?

Notre société est une société d’actions, de contacts intensifs et de communication dense. Nous vivons dans un monde extraverti, et cela convient à merveille à la majorité des gens. Une petite partie de la population, dont je fais partie, est introvertie. Cette période particulière, avec cette réduction des contacts, un certain silence et le fait de rester à la maison, pour nous, cela n’a rien d’étrange. Il n’y a plus, aujourd’hui, de pression de l’extérieur pour être actif, ou pour voir souvent d’autres personnes. J’ai du mal à faire part de cela à mes collègues et mes amis, car j’ai l’impression de passer pour une asociale. Toutefois, peut-être les personnes extraverties remarquent-elles que cette pause peut être bénéfique. J’espère qu’après la pandémie, nous pourrons encore profiter de cet apaisement…

Pour quelles personnes avez-vous particulièrement de l’admiration ?

Pour nos professionnels de la santé. Je me souviens d’un séjour de 24 heures dans le département post-opératoire de l’UZ Gasthuisberg après une lourde intervention. J’ai vécu ces heures de manière très consciente, et j’ai été très impressionnée par une infirmière de 64 ans qui faisait les nuits. Elle allait d’un lit à l’autre sans pour ainsi dire jamais prendre de pause. L’ambiance, particulière et agitée, les gémissements des autres patients… j’avais l’impression d’être dans un hôpital de campagne en pleine guerre. Je me souviens avoir dit à cette infirmière que je respectais énormément ce qu’elle faisait. Je ne peux qu’imaginer ce que cela donne, en pleine crise sanitaire, dans les départements de soins intensifs de nos hôpitaux.

Imaginons qu’après la crise sanitaire, on vous donne carte blanche. Comment refaçonnez-vous le monde ?

Je ne suis pas Dieu, mais je pense qu’aujourd’hui, tout le monde s’accorde à dire qu’il faut prendre soin de la planète. Il est essentiel de sécuriser son avenir. Je miserais donc sur un avenir durable pour les générations à venir. Quelle différence cela ferait si chacun prenait ses responsabilités : des autorités aux entreprises, des ONG aux scientifiques, et des consommateurs aux organisations de la société civile. Dans mon travail au quotidien, je suis contente de pouvoir apporter ma contribution, car la durabilité est l’une des grandes priorités de notre entreprise.
La santé mentale est elle aussi préoccupante. Il suffit de voir les chiffres de suicides, de dépressions et de souffrances psychiques. Je rêve d’un monde dans lequel nos heures de travail sont réduites à six heures par jour. Des études démontrent en effet que vous pouvez être parfaitement productif malgré une telle réduction. De la sorte, les parents auraient le temps d’aller chercher les enfants à l’école, d’écouter leurs histoires, de faire les devoirs avec eux et de faire du repas du soir un agréable moment en famille. Il faut donner aux parents le temps d’être parents. Cela ne peut être que bénéfique à notre bien-être mental.

Quelle est votre résolution pour être ouverte, plus que jamais, à l’avenir ?

Je vais être à l’écoute, vraiment. Le mouvement Black Lives Matter a déclenché de nombreuses choses, à juste titre, et m’a permis de comprendre comment les préjugés implicites déterminaient notre perception. Cette prise de conscience a été douloureuse, mais aussi très instructive. 90 % des milléniaux et de la génération Z déclarent ne vouloir travailler que pour des organisations qui ont un but, et qui accordent de l’importance à la diversité et à l’inclusion. Chez Coca-Cola également, cela figure à l’ordre du jour, et nous y travaillons avec beaucoup de passion et de motivation.

Si vous avez vu le nouveau spot de Coca-Cola, vous savez qu’ensemble, nous pouvons sortir plus forts de cette période difficile. Aujourd’hui, il est important de s’arrêter sur les petites choses de tous les jours, devenues si particulières et que nous pouvons envisager autrement pour l’avenir. Dans cette optique, nous avons demandé à Maureen O’Sullivan comment elle percevait cette nouvelle normalité.

Découvrez toutes les informations à ce sujet sur le site de Coca-Cola : Il s’agit du troisième article d’une série de cinq sur le thème « Être ouvert ». Vous lirez ici comment Fabrice Lamproye, l’organisateur du festival Les Ardentes, garde espoir. Et dans le premier article, le regard de Alban Murenzi (YellowStraps) sur une sortie de crise positive.