« Être ouvert, c’est pour moi un mode de vie »

« Être ouvert, c’est pour moi un mode de vie »

2020 est une année des plus complexes. Pandémie, contacts sociaux réduits et défis économiques colossaux. Toutefois, chaque crise recèle une opportunité. Comment transformer cette réalité sociale en ouverture et en solidarité ? Comment convertir le désespoir en positivité ? Nous avons demandé au publicitaire Marc Fauconnier quelles seraient les couleurs qu’il apporterait au monde.

Il a dirigé FamousGrey, l’une des plus grandes agences publicitaires de Belgique, pendant un peu moins d’un quart de siècle. Et c’est avec le même enthousiasme qu’il préside l’ACC, l’organisation faîtière des agences de communication, et qu’il a fondé cette année l’agence de consultance Fauconnier+Selfslagh. L’arme favorite de Marc Fauconnier ? Ce sont encore et toujours ses sens, qui doivent permettre un dialogue créatif avec le monde qui l’entoure.

Que signifie le fait d’être ouvert, pour vous ?

Être ouvert, c’est pour moi un mode de vie. C’est être ouvert d’esprit, ouvrir vos yeux, vos oreilles sur le monde, et faire entendre votre voix. J’estime qu’il doit également y avoir une certaine réciprocité dans l’ouverture d’esprit. Il faut pouvoir partager et apprendre de l’autre. Le fait d’être ouvert est selon moi une condition indispensable au progrès. C’est d’une part une question de curiosité, et d’autre part de tolérance. Mon job a assurément contribué à cette façon de voir les choses. En 25 ans, nous avons évolué d’un tout petit bureau à une agence énorme, et il est évident que notre ouverture d’esprit nous a aidés. Il est impossible de créer une communication ou de la publicité pour des marques et des organisations sans savoir ce qui se passe dans la société. La publicité doit toujours anticiper la façon dont les gens se comportent dans un monde qui change. Le fait d’être ouvert est une condition de base pour réussir dans notre métier. Et il faut ajouter à cela une bonne dose de créativité. Tout cela ne naît pas entre quatre murs. Il faut une interaction entre nos idées et ce qui se passe dans le monde.

Quelle est votre point de vue quant au partage d’histoires personnelles avec d’autres personnes ?

Je suis plutôt du genre réservé. Je n’ai aucun problème à partager ce que j’ai appris et mon point de vue sur certaines choses, comme je le fais sur Twitter. Par contre, je ne suis pas prompt à exposer ma vie privée. J’ai un cercle d’amis proches et ma famille avec lesquels je partage mes émotions les plus intimes. Mais je ne déballerais jamais rien d’émotionnel à un plus grand public.

Pour vous, dans quelles petites choses le bonheur se cache-t-il ?

J’aime aller faire du sport en pleine nature. J’aime aussi faire la fête, et passer de bons moments en famille ou avec des amis, mais pour le moment c’est plutôt compliqué, bien qu’une plus petite compagnie puisse elle aussi être agréable.

Qu’est-ce qui vous a aidé à tenir bon au cours de ces derniers mois ?

Faire du vélo avec deux amis ou mes enfants. C’étaient vraiment de beaux moments. À vélo, j’aime discuter et profiter de l’espace et de la magnificence de la nature. Quel contraste avec le contexte urbain étriqué, tellement différent en raison des contacts sociaux réduits et de la fermeture des établissements du secteur de l’Horeca. Je fais du vélo depuis de nombreuses années et, pour la première fois, j’ai réussi à convaincre ma fille. J’ai retapé mon vieux vélo de course, et je l’ai adapté à sa taille. Nous avons fait une longue randonnée, au terme de laquelle elle était évidemment morte de fatigue. Mais quel bonheur d’avoir pu partager cela avec elle !

Pour quelles personnes avez-vous particulièrement de l’admiration ?

C’est sans doute un peu cliché, mais spontanément, je vous répondrais le personnel soignant. Je suis plein d’admiration pour leur dur labeur. De l’autre côté, je vois aussi le secteur culturel, très durement touché. Les artistes ont pour le moment très peu de moments à partager avec le grand public. Dès que cela sera à nouveau possible, j’irai voir des spectacles, des concerts. Je trouve admirable que les artistes, malgré les conditions actuelles, continuent à rechercher le contact avec leur public, virtuellement ou non. J’ai récemment été voir un concert de Sioen. Au début, c’était très étrange, avec une salle à peine remplie au tiers de sa capacité. Mais Frederik Sioen a su mettre le feu, non seulement avec ses chansons, mais aussi ses textes. À la fin du concert, tout le monde était debout pour l’applaudir. Comme une étreinte entre le public et l’artiste.

Imaginons qu’après la crise sanitaire, on vous donne carte blanche. Comment refaçonneriez-vous le monde ?

Quand tout le monde aura été vacciné, j’espère que nous pourrons reprendre une vie normale. Des contacts physiques, être proches les uns des autres, ressentir la chaleur de l’autre… Cela commence à me manquer. J’espère qu’au terme de cette période, nous aurons l’opportunité de faire des choses ensemble, d’apprendre à connaître de nouvelles personnes. Tout est pour le moment à l’arrêt, et on se retire dans notre bulle. Dans mon job, j’adore avoir de nouveaux contacts, découvrir de nouvelles perspectives. Je voudrais donc à nouveau réunir les gens avec des histoires intéressantes, mais pas via ZOOM (rires) ! Et rouvrir les maisons de repos… Ma belle-mère est décédée du COVID-19 dans sa maison de repos, dans la solitude. Dans certaines situations, vous ne savez certes pas faire autrement que confiner, mais quelle tristesse. Indépendamment de cette crise, isoler les personnes âgées dans des maisons de repos est caractéristique de notre société. J’espère que les plus jeunes générations pourront tisser des relations beaucoup plus chaleureuses avec leurs parents et leurs grands-parents.

Quelle est votre résolution pour être aussi ouvert que possible à l’avenir ?

Je voudrais pouvoir m’entretenir plus souvent avec des gens que je ne connais pas. Je me surprends à ne pas sortir de mon réseau familier. Il est temps pour moi d’apprendre à connaître des gens plus éloignés de mon travail, de mes centres d’intérêt. Je suis assez honteux de reconnaître que je connais très peu de gens issus de l’immigration. Et c’est dommage, car je découvre dans les médias des voix allochtones brillantes. Je voudrais pouvoir m’entretenir davantage avec ces gens. Sortir de ma zone de confort et me donner la peine d’apprendre à connaître des gens qui ne sont pas mes « usual suspects ».

Si vous avez vu le spot publicitaire de Coca-Cola, vous savez qu’ensemble, nous pouvons sortir plus forts de cette période difficile. Aujourd’hui, il est important de s’arrêter sur les petites choses de tous les jours devenues si particulières, et que nous pouvons envisager autrement pour l’avenir. Dans cette optique, nous avons demandé à Marc Fauconnier comment il perçoit cette nouvelle normalité.

Découvrez toutes les informations à ce sujet sur le site de Coca-Cola. Une série de cinq sur le fait d’être ouvert. Vous lirez comment Fabrice Lamproye (Les Ardentes), garde espoir ; vous croiserez le regard de Alban Murenzi (YellowStraps) sur une sortie de crise positive ; et comment Maureen O’Sullivan, Senior Manager Public Affairs & Sustainability chez Coca-Cola, réunit les gens en les écoutant.